PLUS BLANC QUE BLANC?

révolte et antisémitisme

Baldwin traduction

Bonefeld - 14 mars 2020

Le meurtre de Mireille Knoll, suivi par la « marche blanche », contemporaine de la litanie raciste et conser­ vatrice du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme »1, puis l’affaire Finkielkraut pendant une manifestation de gilets jaunes2, ont été l’occasion de nouvelles instru­ mentalisations de la question de l’antisémitisme. Ces événements hypermédiatisés, sorte de catharsis de la bonne conscience bourgeoise, offrent l’occasion pour politiciens, intellectuels et représentants associatifs de faire valoir leur conception de l’identité française et de la République face à ces autres, ces barbares. C’est ainsi que, coupée de l’histoire effective de l’antisémitisme, la lutte contre celui­ci devient une marque d’intégration, un lieu de cristallisation de valeurs morales et politiques, y compris pour le Rassemblement National que l’on retrouve, farce de l’histoire, aux côtés des marcheurs. Ainsi instrumentalisé, l’antisémitisme devient dans ces discours et ces pratiques un moyen d’opposer les juifs français, intégrés et aimés par la République, à leurs « concitoyens musulmans », minoritaires non­in­ tégrés, voire essentiellement incompatibles avec les valeurs « judéo­chrétiennes » de l’Europe. Cette mise en opposition des minoritaires produit des confusions politiques innombrables, notamment la nouvelle préten­ tion à défendre les juifs de la part de leurs agresseurs historiques de longue date : la droite et l’extrême­droite.

Le meurtre de Mireille Knoll, suivi par la « marche blanche », contemporaine de la litanie raciste et conser­ vatrice du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme »1, puis l’affaire Finkielkraut pendant une manifestation de gilets jaunes2, ont été l’occasion de nouvelles instru­ mentalisations de la question de l’antisémitisme. Ces événements hypermédiatisés, sorte de catharsis de la bonne conscience bourgeoise, offrent l’occasion pour politiciens, intellectuels et représentants associatifs de faire valoir leur conception de l’identité française et de la République face à ces autres, ces barbares. C’est ainsi que, coupée de l’histoire effective de l’antisémitisme, la lutte contre celui­ci devient une marque d’intégration, un lieu de cristallisation de valeurs morales et politiques, y compris pour le Rassemblement National que l’on retrouve, farce de l’histoire, aux côtés des marcheurs. Ainsi instrumentalisé, l’antisémitisme devient dans ces discours et ces pratiques un moyen d’opposer les juifs français, intégrés et aimés par la République, à leurs « concitoyens musulmans », minoritaires non­in­ tégrés, voire essentiellement incompatibles avec les valeurs « judéo­chrétiennes » de l’Europe. Cette mise en opposition des minoritaires produit des confusions politiques innombrables, notamment la nouvelle préten­ tion à défendre les juifs de la part de leurs agresseurs historiques de longue date : la droite et l’extrême­droite.

Le meurtre de Mireille Knoll, suivi par la « marche blanche », contemporaine de la litanie raciste et conser­ vatrice du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme »1, puis l’affaire Finkielkraut pendant une manifestation de gilets jaunes2, ont été l’occasion de nouvelles instru­ mentalisations de la question de l’antisémitisme. Ces événements hypermédiatisés, sorte de catharsis de la bonne conscience bourgeoise, offrent l’occasion pour politiciens, intellectuels et représentants associatifs de faire valoir leur conception de l’identité française et de la République face à ces autres, ces barbares. C’est ainsi que, coupée de l’histoire effective de l’antisémitisme, la lutte contre celui­ci devient une marque d’intégration, un lieu de cristallisation de valeurs morales et politiques, y compris pour le Rassemblement National que l’on retrouve, farce de l’histoire, aux côtés des marcheurs. Ainsi instrumentalisé, l’antisémitisme devient dans ces discours et ces pratiques un moyen d’opposer les juifs français, intégrés et aimés par la République, à leurs « concitoyens musulmans », minoritaires non­in­ tégrés, voire essentiellement incompatibles avec les valeurs « judéo­chrétiennes » de l’Europe. Cette mise en opposition des minoritaires produit des confusions politiques innombrables, notamment la nouvelle préten­ tion à défendre les juifs de la part de leurs agresseurs historiques de longue date : la droite et l’extrême­droite.

Références et bibliographie

5 R. Hirsch, Sont-ils toujours des juifs allemands ? La gauche radicale et les Juifs depuis 1968,

Nancy, Arbre bleu éditions, 2017, p. 178.

6 CNCDH, La Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Année 2017, loc. cit.


7 CNCDH, La Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Année 2012, Paris, La documentation française, 2013, p. 103.


8 M. Wieviorka, L’antisémitisme est-il de retour ?, Paris, Larousse, 2008, p. 26-28.

2020 stoff